Nettoyer Kinshasa en 90 jours : les promesses et les pièges de l’assainissement militaire
schedule 22.06.2026
Casquettes vissées, treillis et pelles à la main, ils sont des milliers à se déployer dans les rues de Kinshasa. L’image, soigneusement mise en scène, dit l’ambition du pouvoir : reprendre la main sur une capitale que la saleté submerge. Derrière l’opération des « bâtisseurs » se joue pourtant bien plus qu’une affaire de balais. Elle condense, en une séquence, les promesses et les impasses de la gouvernance urbaine congolaise.Le premier enjeu est celui de l’échelle. Une campagne de 90 jours, même menée par 5 000 hommes, se mesure à un gouffre. Kinshasa produit chaque jour quelque 8 400 tonnes de déchets, dont un quart seulement est collecté, ne dispose que d’un site d’enfouissement contrôlé et grossit de près de 5 % par an. Le mal est structurel, ancien, et nourri par l’absence de planification : à peine 6,4 % de la superficie de la ville correspond à des quartiers correctement aménagés, selon la Banque mondiale.
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